M. Toussaint Djekpo, de retour d’un voyage sur N’Dali la semaine dernière n’a pas manqué de conter à ses amis l’aventure très étonnante qu’il a vécue à l’aller de son voyage. Son déplacement dans son village natal était pour ramener à Cotonou son épouse qui s’y est rendu quelques jours auparavant pour faire face à des soins traditionnels.
Seul à bord de son véhicule, il s’approchait de la localité de Sèhouè quand il sentit que l’un des pneus avait commencé par faire un jeu. Il s’arrêta et après vérification, il constata la crevaison d’un des pneus de l’arrière du véhicule. C’est alors qu’il sortit tout le matériel nécessaire pour procéder au changement de la roue. Ainsi, il enleva tous les quatre écrous, les posa par terre, retira la roue crevée et au moment de remettre la roue secours, son téléphone portable sonna. Il arrêta sa besogne du moment et décrocha son appareil pour prendre l’appel. Suite à la chaleur de la discussion qui s’engagea entre lui et son interlocuteur, il voulu se retourner quand par inattention son pied roula les quatre écrous de la roue dans le caniveau réalisé le long de la route. Or il se fait qu’il s’agit d’un caniveau recouvert, laissant entrevoir de fines ouvertures. C’est d’ailleurs l’une de ses ouvertures qui a servi de canal aux écrous pour atterrir dans le caniveau. L’inquiétude gagna M. Toussaint : Comment donc résoudre ce problème est la question qui l’anima à l’instant. Alors ne pouvant abandonner le véhicule à la recherche une boutique de pièces détachées pour se procurer les écrous, il chercha donc un riverain à qui proposer de lui donner un coup de main. C’est alors qu’il interpella un Monsieur qui passait par là. Ce dernier, habillé de guenilles, était pour M. Toussaint, un cultivateur qui se rendait à son champ. Erreur ; il ne s’agissait en fait que d’un fou ; un fou qui vu l’intelligence dont il fit montre par la suite laissa véritablement douter M. Toussaint. Ignorant au départ l’état de santé de l’homme, il lui demanda de lui donner un coup de main en faisant appel à un mécanicien. Il n’a pas manqué de lui raconter sa mauvaise aventure.
Le fou le regarda et dit : « Pourquoi veux-tu faire appel à un mécanicien, toi-même tu peux régler ce problème non ! ».
Pendant ce temps, un autre Monsieur passait par là. Constatant une discussion entre le fou qu’il connaissait bien (puisqu’il l’a appelé Houssou) et l’étranger, il dit à M. Toussaint : « Ne prenez pas en considération ses propos, c’est comme cela il est ; il aime embêter tous ceux qu’il voit. Il n’est pas…. ; vous comprenez bien ce que je veux dire ». Et ce dernier s’en alla.
M. Toussaint, ayant pris en considération l’appel de l’autre autochtone, essaya de se séparer du fou, mais ce dernier s’adossa au véhicule et dit: « les gens disent que je suis malade, mais je sais de quoi je parle. Si par exemple tu enlevais un écrou au niveau de chacune des trois autres roues, est ce que tu ne vas pas régler ton problème ? Comme cela, tu vas continuer ta voie et dès que tu seras dans une ville plus grande, tu pourras acheter les écrous complémentaires. Ici tu n’en trouveras pas »
Le fou se mit à rire et continua son chemin.
Imaginez donc l’étonnement de M. Toussaint après le départ du fou. La question qu’il se posa par la suite (puisqu’il a suivi les conseils du fou) est de savoir si l’homme qui l’avait soulagé était vraiment un fou.
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